À l'écoute
15 > 18 mai 2025
Quand les historien·nes et les archéologues se mettent à l’écoute du passé, qu’est-ce qu’elles et ils entendent ? Comment restituer la dimension sonore de temps révolus, en faire monter le volume à partir des traces qu’il nous reste : archives écrites et documents sonores, images et ruines, monuments et objets ? Qu’y décèle-t-on de l’écho des pas dans les grottes préhistoriques, du brouhaha de la Rome antique, du bouche-à-oreille de la diplomatie médiévale ou des bruits assourdissants de la Révolution industrielle ? L’exploration, à bas bruit, des silences et du vacarme de l’histoire amplifie notre compréhension du passé et nos représentations du monde.
Mais il ne suffit pas d’avoir les moyens d’écouter pour entendre, et on continue de qualifier de « sans voix » les populations marginalisées ou les sociétés sans écriture. Quelle langue faut-il parler pour se faire comprendre ? Une oreille attentive est-elle toujours bienveillante ? Et que sait-on du monde perçu par celles et ceux qui n’entendent pas ? Comment prêter attention à la faune et la flore qui contribuent pleinement au chant du monde ?
Déchiffrer la partition de l’histoire, c’est restituer la polyphonie – voire la cacophonie – du passé, depuis nos univers contemporains emplis de sons enregistrés, d’harmonies musicales, de films retentissants et de paroles radiophoniques. Autant d’invitations à des immersions sonores et sensorielles, pour continuer à faire de l’histoire autrement et rester à l’écoute du monde qui nous entoure.